Gurume

Je n’ai pas la dent très sucrée en général mais je m’intéresse à la pâtisserie en ce moment, pour… plein de raisons.

Ci-dessus, le documentaire “La Revanche des Pâtissiers”, assez intéressant (même si le “club” des pâtissiers parisiens qui se réunissent régulièrement pour goûter ensemble leurs nouvelles créations semble être une grande sausage fest et c’est un peu déprimant)

Strasbourg

J’ai passé le séjour le plus agréable du monde chez Bratha à Strasbourg l’année dernière en novembre. Strasbourg est la capitale de Noël, et on peut dire que j’ai fêté Noël là-bas avec un peu d’avance, avant de m’envoler vers les tropiques (eh ouais).

Qui dit Strasbourg dit aussi capitale gastronomique, et Bratha et moi ne nous sommes rien refusé.

D’abord en faisant la cuisine à tour de rôle, n’étant manchottes ni l’une ni l’autre (dans ce domaine du moins):

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Un petit tour au marché, et voici un plat de roi que Bratha me concocte: riz, crème de soja (étrangement plus onctueuse que la crème fraîche classique), cèpes (au fumet incomparable, jamais mangé de champignons aussi goûtus en-dehors d’une truffe, mémorablement) et osso-bucco de dinde revenu avec un cube de bouillon de poule pour accentuer son goût.

A mon tour: hachis parmentier exotique, selon une recette que j’ai mise au point, inspirée d’un plat mauricien appelé “dry curry”. Il se compose de viande hachée revenue dans des tomates, de la poudre à curry et mêlée de raisins secs. La préparation tapisse ensuite un plat à gratin et se recouvre de coco râpé, puis d’une purée de patates douces et de potimarron. Et pour le croquant, des cacahouètes concassées viennent compléter le plat:

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Et on retrouve tout ça dans l’assiette avec d’appétissantes couleurs automnales.

Durant ce séjour, on ne s’est pas départies de notre attitude de mémés cozy qui s’autorisent beaucoup de douceurs:

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Thé, check, gâteaux de pain d’épices glacés de chocolat noir avec nom imprononçable, check.

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Atelier fruits déguisés avec noix, dattes et pâte d’amande bicolore, Noël oblige.

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Enorme coup de coeur, et en pesant bien mes mots, le meilleur salon de thé dans lequel j’ai jamais mis les pieds: Le Thé des Muses. Déjà parce qu’ils disposent d’une carte qui fait au bas mot une vingtaine de pages, que la serveuse connaît tous les thés qui y sont mentionnés, et à la manière d’un véritable sommelier du thé, va vous recommander celui qui convient le mieux à votre humeur du moment, en donnant une description précise de chaque arôme et chaque saveur. Par-dessus cette luxueuse expertise, elle placera sur la table, lorsqu’elle servira le thé, un petit minuteur pour chaque convive et qui est réglé de façon personnalisée pour sonner quand le thé choisi a infusé idéalement. A la carte également, des cakes maisons, dont un à la violette et à la framboise où l’on goûtait chaque élément sans avoir l’impression désagréable de canard vécé que peut donner la violette: elle était présente, mais donnait juste ce qu’il fallait de note florale et fraîche.

Moi j’avais commandé du tchai, préparé sur demande par la serveuse elle-même dans une petite cuisine, attenante à la mezzanine où nous nous étions assises sur des chaises artistiquement dépareillées. Il est arrivé fumant, et généreux en épices exactement comme je l’aime, et surtout fort en cardamome, ce qui est rare car c’est une épice qui dérange parfois les palais français.

Salon de thé parfait, à la déco volontairement bohème et détendue mais sans trop forcer, ambiance véritablement cozy et surtout un exquis parfum ambiant de thés qui donne envie d’y rester à cocooner à tout jamais; une excellente raison de plus de retourner à Strasbourg en tout cas!

Et sans rapport avec la nourriture, je ne résiste pas de vous mettre une petite collection de photos de “Strasbourg insolite” pour témoigner de la bonne ambiance de ma petite escapade:

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"The Architecture of Taste", où le divin Pierre Hermé (mon héros) donne une conférence à l’école de design de Harvard. Il parle en français et est horriblement traduit après, mais c’est assez passionant quand même (enfin pour moi en tout cas) parce qu’il parle vraiment de son processus créatif.

missl0nelyhearts:

all photos copyright Full Tilt Photography.

In 2006 we made this little burger meal for a competition on Craftster.org. It got quite a bit of online traffic at the time. Couldn’t find the links, so I re-edited and uploaded these for Parisa.

Me and Mr L put it together, and all the food was edible: baby onion, american cheese, baby gherkin, homemade bun, handcut fries. I made the tray and the drink out of polymer clay and printed up the Craftster branding. 

Coquillages et crustacés

Au-delà de son image d’épinal touristique, Venise est une ville maritime avant tout ; c’est-à-dire qu’on y trouve des fruits de mer frais issus de la pêche locale. Ce serait un peu comme Saint-Malo mais en mieux, parce que sous le soleil et avec des Italiens au lieu de Bretons.

A Venise, on mange des cicchetti, aussi connus comme « les tapas vénitiennes » : ce sont des assortiments de mises en bouche typiques, principalement à base des fruits de mer du jour, mais ils peuvent aussi comporter des petits sandwiches triangles bombés, de la polenta (caractéristique du nord de l’Italie), des olives, bref tout ce qui est nourriture de bar facile à manger et, comme avec les tapas, on peut s’en faire carrément tout un repas. Un de mes cicchetti coups de cœur aura été le baccala’ mantecato, soit une sorte de crème onctueuse à base de morue, délicatement iodée.

C’est la talentueuse et charmante dessinatrice Nora Moretti qui m’a reçue chez elle dans son île de Murano sise dans la lagune de Venise et connue pour sa production de cristal et de verre. La veille de mon retour à Paris, son père nous emmène avec toute sa famille au « Ai Vetrai », ancienne poissonnerie reconvertie en restaurant sympathique tenu par des amis à lui. Autant vous dire que les proprios en connaissent un rayon niveau poiscaille, et la nourriture est très simple, mais toujours impeccable, à l’instar de cette sole meunière juste cuite, sa chair blanche luisante de beurre et tachetée de persil.

Les parents de Nora insistent pour que je goûte quelques spécialités, alors après les cicchetti qui vont de soi, tantôt crémeux, tantôt vinaigrés, tantôt sans fioritures et présentés dans leur plus simple appareil, voilà que défile un repas gargantuesque avec des fritures de fruits de mer légères et croustillantes, peu grasses, et un risotto présenté dans la plus pure essence du plat : pas de fromage, juste du beurre pour l’onctuosité, quelques queues d’écrevisses et basta ! Il est hélas trop al dente pour mes goûts grossiers de non-Italienne : je sens les grains de riz crus à cœur craquer sous mes molaires. Je sais néanmoins que ce n’est pas une erreur de cuisson la part du chef, mais bien sa signature. « Tu vois comme il est al dente ? » me glisse le père de Nora en italien, que je parviens à  déchiffrer à environ 80%. « Ça, c’est du raffinement ! » conclut-il, les yeux pétillants.

Pour finir le repas sur une note sucrée, des bussolai – ces petits biscuits secs typiquement vénitiens à base d’œufs et légèrement parfumés à la vanille et au citron, aussi appelé « essi » à cause de leur forme en S – sont servis, à tremper dans un verre de ce qui semble être du vin blanc. Je ne bois quasiment jamais d’alcool, alors j’y trempe mes lèvres pour tester – et retiens un cri de surprise : ce vin a un arôme de fraise puissant. « Uva fragola, » supplée le père de Nora. Raisin-fraise. Soit une variété de raisin qui, sans additifs chimiques, libère cet étonnant goût de fraise dans le vin. Avec les petits biscuits, on ne saurait concevoir meilleure alliance.

De bout en bout, un repas sans fausse note et qui contenait Venise à lui tout seul, autant dans l’abondance et le charme que dans l’amour des choses bien faites.

Che bella, bella notte

Mon hôtesse à Rome travaille dans la mode et son tour de taille fait cinq centimètres à tout casser. Lorsque je lui demande ses recommandations de restaurants, elle me dit de tenter le quartier du Trastevere. “C’est bien? demandé-je -Bof, c’est plein de touristes et assez cher. -C’est ça, ta recommandation? L’équivalent du quartier Saint-Michel à Paris? Merci, très peu pour moi. -Sinon il y a toujours le Macdo,” conclut mon hôtesse en riant. Je ne rigole pas, mais alors DU TOUT.

Dès lors, plus que deux solutions: faire la bouffe moi-même, ou tenter TripAdvisor. Il se trouve que les deux sont les bonnes: les superettes à Rome regorgent de friandises locales, et pas besoin d’aller en épicerie hors de prix pour trouver de l’excellent jambon cru, du fromage, des artichauts (à la romaine of course), des olives à grignoter qui ressemblent à des joyaux luisants (et il y en a de toutes les sortes possibles), de grasses courgettes grillées généreusement présentées en filets et marinées… Dès lors n’importe quel frichti que vous vous concoctez vous-même peut défoncer facile n’importe quelle création de candidat de Top Chef: y’a qu’à tout mettre ensemble, éventuellement faire des pâtes si vous êtes pas trop manchot, mais surtout, surtout éviter à tout prix le pain italien qui pour le coup est sec, friable et sans intérêt. A croire que dès qu’on passe les frontières de la France, le pain perd toutes ses lettres de noblesse.

Et parce que j’aime les boissons rigolotes (remember Singapour…), je me prends aussi de l’ice tea local parfumé à la pastèque (absolument dégueulasse) et de la San Pellegrino à l’orange force verte (oranges amères) et force bleue (oranges douces). Les boissons rigolotes en pays étranger, c’est la vie.
Quant à TripAdvisor, le site me conseille “La Fata Ignorante”, un restaurant sis dans un quartier de gare assez peu fréquentable et moche… mais il ne faut vraiment pas se fier à son plumage, parce que son ramage était tout ce qu’il y a de plus recommandable! En entrée, aubergine à la parmesane fondante à souhait, du velours; mais c’est le plat principal qui m’emporte: je commande des pâtes à la carbonara pour comparer avec celles que je fais chez moi (je connais déjà, grâce à Guillaume Long et son blog, la “vraie” recette évidemment: de l’ail, du jaune d’oeuf, du pecorino, du guanciale et du poivre, et non pas des oignons, de la crème fraîche et des lardons).

Arrivent des pâtes qui résistent sous la dent (décidément, al dente chez les Italiens ce n’est pas de la blague) mais avec la sauce la plus onctueuse et naturellement forte en goût qui soit, relevée par du poivre noir qui a un mordant quasi-asiatique… et en point d’orgue, le guanciale, une sorte de lard généreusement coupé et au goût tout aussi généreux et fumé. Je mentirais si je disais que je n’avais pas eu un orgasme culinaire dès la première bouchée.


Pour finir, très enthousiaste, moi qui ne suis pas très “dessert” et qui ne comptais pas en prendre, je me laisse tenter par mon péché mignon, la panacotta, qui arrive nappée d’un coulis de cerise intense, si intense qu’il semble noir et ne retrouve des teintes rougeâtres qu’en petites quantités dans la cuiller à dessert. En bouche, c’est une explosion de fruit rouge qui pervertit la crème cuite virginale: décadent, et complètement diabolique.


"La Fata Ignorante" veut dire "la fée ignorante", et je ne sais quelle fée m’a guidée jusqu’à ce restaurant ce soir-là, mais je peux dire qu’elle était, au contraire, très bien informée!

beben-eleben:

Photographed by Natalie Boog

Woh dis hé ça fait longtemps que j’ai pas posté de texte ici, j’arrange ça ce soir en rattrapant un peu mon backlog de l’Italie

thecakebar:

The History and Customs of High Tea

English high tea was considered the pinnacle of elegant and aristocratic dining but has now made a popular comeback into everyday modern life. We examine the origins of high tea and how you can avoid making a fool of yourself at tea time.

Linguine au marlin fumé

De retour dans mon île natale et je me replonge direct dans la cuisine mauricienne pour un dîner en tête à tête avec mon père, dans sa maison sur la montagne surplombant la baie de Rivière Noire. Le menu que je lui propose est typique de la cuisine d’ici qui est une sorte de fusion européenne ou asiatique avec des produits locaux : linguine au marlin (un type d’espadon) fumé, selon une recette mise au point par un pêcheur amateur et fin cuisinier ami de mon père.

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Les ingrédients achetés au « London Supermarket (presque le seul supermarché du coin mais très bien fourni car le coin est très touristique), pour 2 à 4 personnes environ :

1 paquet de marlin fumé

1 bouquet de persil plat

2 tomates moyennes

2 oignons blancs moyens

1 gousse d’ail

1 citron jaune

½ cube de bouillon de légumes

20 cl de crème fraîche

1 paquet de linguine « de Cecco » (les meilleures selon moi)

Huile d’olive, sel, poivre 

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Hacher fin les oignons blancs, faire revenir dans une poële avec un peu d’huile d’olive ; quand les oignons deviennent transparents, rajouter les tomates coupées en dés (et si possible pelées après avoir été échaudées, c’est mieux) et les laisser compoter un peu à petit feu, après avoir salé et poivré au moulin.

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(au passage, jetez un œil aux tomates mauriciennes, appelées « pommes d’amour », aussi rouges et gorgées de soleil que celles que j’ai mangées en Italie. Bourrées de goût aussi, évidemment)

Râper fin la gousse d’ail ainsi que la peau du citron jaune au-dessus de la poële. Rajouter une tasse d’eau bouillante dans laquelle on a fait fondre le demi cube de bouillon de légumes, la moitié de la botte de persil plat finement ciselée et les 20 cl de crème fraîche. Bien mélanger, puis ajouter le marlin fumé coupé en dés grossiers de 2 cm de côté environ. Laisser mijoter 3 minutes à feu très doux, puis rajouter le reste du persil ciselé et rectifier l’assaisonnement si besoin.

Les linguine seront quant à elles cuites al dente (vous ne pouvez pas vous tromper, le temps idéal de cuisson est indiqué sur le paquet, je vous recommande même de vous mettre un minuteur pour la précision). Mélanger un peu de la préparation avec les pâtes quand elles sont prêtes et égouttées, puis disposer dans des assiettes creuses et napper généreusement du reste de la sauce. Décorer enfin avec deux jolies feuilles de persil et le citron jaune coupé en quarts (pour ceux qui veulent rajouter un peu d’acidité et de fraîcheur de dernière minute dans le plat)

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